Statines associées à l'amélioration d'une maladie pulmonaire rare

CONSTATATIONS

I Dans la première étude du genre, des chercheurs ont découvert que les statines hypocholestérolémiantes pouvaient améliorer les conditions de vie d'une maladie pulmonaire rare appelée protéinose alvéolaire pulmonaire auto-immune. La recherche a également suggéré que deux nouveaux tests pourraient aider à diagnostiquer la maladie.

CONTEXTE

La protéinose alvéolaire pulmonaire auto-immune est un syndrome rare qui touche 1 personne sur 150 000 dans le monde. La condition provient d'une accumulation anormale d'une substance huileuse composée de cholestérol, de phospholipides et de protéines dans les sacs aériens, ou alvéoles, des poumons. L'accumulation se produit parce que les cellules appelées macrophages alvéolaires, qui normalement aident à éliminer la substance, ne fonctionnent pas correctement. Lorsque les sacs aériens se bouchent, les patients développent un essoufflement et, potentiellement, une insuffisance respiratoire. Actuellement, le seul traitement est le "lavage des poumons entiers", une procédure invasive réalisée sous anesthésie qui évacue les débris des poumons. Les statines sont une classe de médicaments qui réduisent le cholestérol dans le sang et peuvent réduire le risque de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral. Ils travaillent en bloquant une substance nécessaire à la fabrication du cholestérol.

MÉTHODE

Les principales observations à l’origine de cette étude étaient fort heureuses. Les chercheurs ont remarqué qu'un patient atteint de protéinose alvéolaire pulmonaire auto-immune avait mal réagi au lavage du poumon entier mais s'était amélioré de manière drastique avec le traitement par statines par voie orale. Six mois après le début du traitement par statine pour un taux élevé de cholestérol dans le sang, la respiration de la femme de 58 ans s'est améliorée de manière inattendue et elle n'a plus eu besoin d'oxygénothérapie supplémentaire. Les chercheurs ont par la suite identifié une autre patiente, une femme de 66 ans, dont la protéinose alvéolaire pulmonaire s'est également améliorée par un traitement par statine orale.

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À la suite des améliorations cliniques chez ces femmes, les chercheurs ont ensuite pris des cellules dérivées d'un groupe de personnes atteintes de protéinose alvéolaire pulmonaire auto-immune et ont exposé les cellules à des statines dans une culture. L'étude a montré que les statines stimulaient les macrophages alvéolaires, les cellules responsables de l'élimination des excès de cholestérol et de protéines. Ensuite, les chercheurs ont pu démontrer que le traitement par statine améliorait les marqueurs de la protéinose alvéolaire pulmonaire chez les modèles murins.

L'étude met également en évidence l'utilisation potentielle de deux nouvelles mesures pour diagnostiquer la protéinose alvéolaire pulmonaire. L'un d'entre eux utilisait un logiciel informatique qui analysait la tomodensitométrie pulmonaire et, ce faisant, améliorait l'évaluation de la gravité de la maladie. Une seconde méthode a mesuré les taux de cholestérol à partir du liquide obtenu lors d'un traitement de lavage en conjonction avec une évaluation endoscopique, une technique qui pourrait remplacer la nécessité d'une biopsie pulmonaire plus risquée.

L'étude n'a pas défini la dose optimale de traitement par statine ni le temps requis pour atteindre une amélioration maximale. Les prochaines étapes seront de rechercher les mécanismes d'action spécifiques, comment les statines affectent la maladie et le rôle potentiel du traitement par statine dans la protéinose alvéolaire pulmonaire auto-immune. Les essais cliniques évalueront l'innocuité relative et l'efficacité potentielle des statines chez les patients.

IMPACT

Cette étude suggère que le traitement par statines par voie orale pourrait constituer une nouvelle approche pour les patients atteints de protéinose alvéolaire pulmonaire auto-immune.

AUTEURS

Les coauteurs principaux de l'étude sont la Dre Elizabeth Tarling de l'UCLA et le Dr Bruce Trapnell du Centre médical de l'Hôpital pour enfants de Cincinnati, en Ohio. D'autres auteurs sont listés dans l'article de revue.

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JOURNAL

L'étude a été publiée dans la revue Nature Communications.

FINANCEMENT

Les National Institutes of Health ont financé la recherche.

UCLA

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